Pendant une semaine, plus de 1700 étudiants du Pôle Léonard de Vinci ont travaillé sur une même question : la possibilité d’une ville durable.
L’ampleur des effectifs et la présence d’étudiants internationaux, ainsi que de plusieurs écoles partenaires, ont construit ce hackathon à l’ESILV.
Un hackathon transversal et une mobilisation collective
En février 2026, pendant une semaine, le hackathon A4 du Pôle Léonard de Vinci réunit plus de 1700 étudiants de la promo 2027 — issus de l’EMLV, de l’ESILV et de l’IIM — répartis entre les campus de Paris et Nantes, dont 24 étudiants d’universités partenaires (Budapest University of Economics and Business et Karlstad University) et 311 inscrits en English track, autour d’une même question.
Ce dispositif pédagogique repose sur un travail intensif en équipe sur cinq jours, avec un objectif commun : analyser une métropole européenne et proposer une intervention argumentée face à un enjeu urbain.
Dans ce cadre collectif et multicampus, le hackathon met en perspective les enjeux concrets de la ville durable à travers une approche méthodique et collaborative.
Un double défi pédagogique à grande échelle
Le Hackathon A4 articule deux objectifs. D’une part, mobiliser un grand nombre d’étudiants autour d’une question complexe. D’autre part, transformer cette mobilisation en apprentissage de la décision.
Le dispositif ne cherche pas à simplifier la complexité. Celle-ci constitue au contraire le point de départ du travail. Les étudiants évoluent dans un environnement où les contraintes, les incertitudes et les tensions font partie intégrante de la réflexion.
Une thématique pensée comme un système critique
La question « La ville durable peut-elle vraiment exister ? » fonctionne comme un cadre d’analyse. Elle place les étudiants face à un système urbain caractérisé par des interactions multiples et des tensions permanentes.
La ville concentre des enjeux économiques, sociaux, environnementaux et politiques. Elle doit concilier attractivité et limitation des ressources, développement et préservation des équilibres. Cette situation impose des arbitrages concrets.
Penser la ville durable revient à analyser un système massivement interconnecté, conflictuel et irréversible . Chaque décision transforme les équilibres existants et produit des effets sur l’ensemble du territoire.
Une mise en situation de décideur
Les étudiants travaillent en équipes pluridisciplinaires, parfois internationales. Ils sélectionnent une métropole européenne et approfondissent une problématique précise : mobilité, énergie, logement, biodiversité ou encore gestion des déchets.
Plusieurs cas illustrent cette démarche. À Rome, l’analyse porte sur l’adaptation du réseau de transport. À Lisbonne, les travaux concernent la gestion des inondations et la réutilisation de l’eau. À Toulouse, les réflexions s’orientent vers la congestion automobile et les alternatives de mobilité. À Oslo, les projets examinent les conditions de construction de logements durables.
Les étudiants confrontent des points de vue différents et construisent une position argumentée. La diversité des profils contribue à faire émerger des désaccords, qui deviennent des éléments de travail.
Un changement de perspective dans l’apprentissage
Le hackathon ne vise pas la production d’une solution rapide. L’enjeu porte sur la capacité à raisonner dans un contexte incertain.
La démarche s’éloigne d’une approche linéaire du problème. Elle privilégie une lecture globale des systèmes, intégrant les interdépendances et les effets de rétroaction. Les étudiants apprennent à évaluer les conséquences de leurs décisions à différentes échelles.
Cette approche met l’accent sur la compréhension des dynamiques plutôt que sur la recherche d’une réponse immédiate.
Le design systémique comme méthode de travail
Le hackathon s’appuie sur le design systémique, utilisé comme outil d’analyse et de structuration.
Les étudiants identifient les symptômes observables, puis remontent vers les causes structurelles et les représentations qui influencent les comportements. Ils cartographient les interactions entre acteurs, anticipent les externalités et repèrent les points d’action possibles.
Cette méthode permet de mesurer l’écart entre les pratiques actuelles et une trajectoire de durabilité, en tenant compte des contraintes du système.
Un cadre d’analyse basé sur la durabilité
Les travaux s’organisent autour de trois axes complémentaires : la viabilité (environnement et santé), la vivabilité (qualité de vie) et l’équité (inclusion sociale).
Ces dimensions servent de repères pour évaluer les propositions. Les étudiants cherchent à construire des interventions cohérentes avec les réalités du territoire, en intégrant les interactions entre ces différents axes.
Le livrable final prend la forme d’un plaidoyer argumenté, présenté devant un jury. Les équipes doivent défendre une proposition adaptée au contexte étudié et cohérente dans le temps.
L’exercice consiste à passer de l’analyse à la décision. Les étudiants explicitent les choix effectués et les conséquences associées, y compris les effets indirects.
Développer des compétences pour un monde complexe
Le hackathon prépare les étudiants à évoluer dans des environnements marqués par l’incertitude et la complexité. Il mobilise des compétences transversales : pensée systémique, analyse critique, capacité d’arbitrage, travail en équipe et communication.
Les équipes réalisent également une analyse de leur fonctionnement collectif, notamment à travers des outils comme les modèles MBTI ou CCTI, afin d’identifier les dynamiques de groupe et les axes d’amélioration.
L’ensemble du dispositif vise à former des profils capables de travailler en collectif et de prendre des décisions dans des contextes contraints.
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This post was last modified on 18 mars 2026 4:51 pm