Biodiversité, technologies et travail en équipe : le hackathon transversal de la Promo 2030 à Paris, Nantes et Montpellier, mobilise les étudiants de l’ESILV autour d’une problématique environnementale concrète. Pendant une semaine, les équipes analysent un problème réel lié au vivant afin de concevoir une solution technologique argumentée, testée et contextualisée.
Ce format pédagogique s’inscrit dans les axes du cycle ingénieur de l’ESILV : hybridation des compétences, compréhension des technologies et prise en compte des transitions environnementales et sociétales. Les étudiants sont amenés à articuler analyse scientifique, réflexion critique, gestion de projet et intelligence collective.
Comprendre les enjeux de biodiversité avant d’imaginer une solution
Le hackathon débute par une phase d’acculturation consacrée aux enjeux de biodiversité. Une bibliographie apporte le cadre scientifique du projet et permet aux étudiants de se familiariser avec les notions clés liées au vivant, à l’érosion des écosystèmes et aux principales causes de la crise actuelle.
Les équipes travaillent également sur les technologies utilisées aujourd’hui pour observer, analyser ou protéger les écosystèmes. Satellites, drones, capteurs, ADN environnemental ou intelligence artificielle font partie des outils étudiés pendant cette première phase.
Au-delà des usages technologiques, le hackathon introduit une réflexion critique sur les impacts environnementaux des solutions proposées. Les étudiants sont amenés à analyser la notion d’effet rebond, c’est-à-dire les situations dans lesquelles les gains environnementaux apportés par une technologie peuvent être compensés par une augmentation des usages ou des effets indirects.
L’objectif pédagogique consiste à rappeler que la technologie constitue un moyen et non une finalité.
Une méthodologie centrée sur l’analyse d’un problème réel
Le dispositif repose sur une règle structurante : aucune solution technologique ne peut être envisagée avant l’analyse du problème.
Les étudiants commencent par choisir un champ d’exploration lié à la faune ou à la flore. Ils identifient ensuite une problématique concrète, située et documentée, avant d’analyser ses causes, ses conséquences et les acteurs concernés.
Chaque équipe réalise un benchmark des solutions existantes afin de comprendre pourquoi le problème persiste malgré les dispositifs déjà déployés. Cette étape permet d’étudier les limites techniques, économiques ou environnementales des solutions existantes ainsi que leurs éventuels effets indésirables.
À partir de ce diagnostic, les groupes définissent un objectif de transformation puis identifient une solution technologique adaptée, qui peut également intégrer des approches low tech lorsque celles-ci apparaissent pertinentes.
Le hackathon intègre ensuite une phase de prototypage, de test et d’amélioration continue. Les étudiants produisent une maquette, un storyboard ou une représentation concrète de leur solution afin d’évaluer sa cohérence et ses usages.
Un challenge collectif pour des étudiants de la Promo 2030
Le travail en équipe constitue une dimension centrale du hackathon. Les groupes sont composés d’étudiants qui se rencontrent au début de la semaine et doivent rapidement construire une dynamique collective.
Ce fonctionnement mobilise plusieurs compétences comportementales : organisation du travail, répartition des rôles, gestion des tensions, communication et adaptation.
Les étudiants de la Promo 2030 étant en première année du cycle ingénieur, le hackathon constitue une initiation aux méthodes de projet et au travail en autonomie. Les équipes doivent également produire une analyse réflexive sur leur fonctionnement collectif et leurs apprentissages individuels.
Des temps de rétrospective sont organisés afin d’identifier les points de progression, les difficultés rencontrées et les pratiques de coopération mises en place pendant la semaine.
Une utilisation raisonnée de l’intelligence artificielle
Le hackathon introduit également une jauge d’utilisation de l’IA pensée comme un outil pédagogique.
Chaque équipe dispose d’un nombre limité de crédits IA pour l’ensemble de la semaine. Les étudiants doivent arbitrer l’usage des outils d’intelligence artificielle en fonction de leur valeur ajoutée, de leur coût environnemental et de leur impact sur le développement de leurs propres compétences.
L’IA est présentée comme un “consultant externe” dont l’utilisation doit rester stratégique et réfléchie. Les équipes tiennent un suivi précis de leur consommation de crédits et rendent compte de leurs choix dans leur making-of et leur livret d’équipe.
Cette approche permet de sensibiliser les étudiants aux enjeux de littératie technologique, d’esprit critique et d’autonomie intellectuelle.
Des livrables conçus pour évaluer la démarche et le projet
Les équipes produisent plusieurs livrables destinés à évaluer à la fois la qualité du projet et la méthodologie employée pendant le hackathon.
Chaque groupe prépare une soutenance devant un jury jouant le rôle d’un acteur susceptible de soutenir ou de mettre en œuvre la solution proposée. Les étudiants doivent structurer leur argumentaire, démontrer la pertinence de leur analyse et défendre leur proposition au regard des enjeux de biodiversité.
Les équipes présentent également un prototype accompagné d’un support visuel de soutenance.
Un making-of vidéo retrace le parcours de l’équipe pendant la semaine : recherches, difficultés rencontrées, décisions collectives, ajustements et mobilisation des soft skills.
Enfin, un livret d’équipe documente l’organisation du groupe, les outils mobilisés et les apprentissages réalisés tout au long du projet.
Des compétences alignées avec les enjeux professionnels émergents
Le hackathon mobilise plusieurs compétences identifiées par le World Economic Forum comme essentielles dans les environnements professionnels en transformation.
Pensée analytique et systémique, résolution de problèmes complexes, durabilité, littératie technologique, intelligence collective, communication ou apprentissage réflexif sont intégrés dans les différentes phases du projet.
Lors du jury final, l’évaluation porte notamment sur la capacité des équipes à construire une analyse méthodique et sourcée, à présenter leur démarche de manière structurée et à répondre aux questions du jury avec précision.
La qualité des rendus visuels et la cohérence globale du projet font également partie des critères d’évaluation.
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