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Friends of Amateur Rocketry : LéoFly valide un premier vol supersonique pour son projet spatial

LéoFly franchit le mur du son avec Ignis lors d’une campagne d’essais aux États-Unis
Une fusée expérimentale développée par LéoFly atteint Mach 1.2 dans le désert du Mojave et valide des systèmes clés pour le projet Astra-AP.

Après plusieurs jours de préparation sur un site américain dédié à l’expérimentation, l’équipe LéoFly a réalisé un premier vol supersonique avec la fusée Ignis. Cette campagne marque une étape technique dans le développement d’un futur prototype visant des altitudes beaucoup plus élevées.

Un premier vol supersonique pour LéoFly

L’équipe LéoFly, association étudiante spécialisée en aéronautique et spatial basée au Pôle Léonard de Vinci, s’est rendue sur le site de Friends of Amateur Rocketry (FAR), dans le désert du Mojave, pour mener une campagne d’essais.

Objectif principal : tester Ignis, une fusée expérimentale conçue pour valider des choix techniques en vue du projet Astra-AP. Ce futur prototype vise un objectif ambitieux, avec un tir au-delà de la ligne de Kármán.

Lors du lancement, Ignis a atteint une vitesse de Mach 1.2, avec une apogée estimée à environ 3 000 mètres. Ce vol constitue une première pour l’équipe, qui franchit ainsi le mur du son avec un système développé en interne.

Le comportement global de la fusée en vol a permis de confirmer la robustesse de plusieurs systèmes embarqués, désormais destinés à être intégrés dans des projets plus avancés.

La préparation pour le lancement d’Ignis

Une campagne d’essais complète sur le site FAR

Avant le lancement, plusieurs jours ont été consacrés aux opérations techniques sur place. L’équipe a procédé à des tests de séparation, à une vérification complète de l’avionique et aux dernières étapes d’intégration.

Le site FAR propose un environnement adapté à ce type d’expérimentation, avec des infrastructures permettant de tester différents types de propulsion et de configurations de fusées. Cette structure accueille des équipes variées, allant d’initiatives étudiantes à des projets plus avancés.

Matthieu Pecoraro, promo 2025, président de LéoFly, precise « Ce site permet de tester des systèmes dans des conditions réelles, avec une grande liberté sur les paramètres de vol. Cela change la manière de concevoir et d’expérimenter. »

La récupération de la fusée, à environ 200 mètres du point de lancement, a permis d’analyser les données collectées et d’affiner les prochaines étapes de développement.

FAR : comprendre les enjeux logistiques et réglementaires

La campagne aux États-Unis répond également à des contraintes réglementaires. Les plafonds d’altitude autorisés pour les lancements y sont plus élevés qu’en France, ce qui ouvre des possibilités supplémentaires pour les essais.

Cette expérience a permis à l’équipe d’acquérir une vision concrète des aspects logistiques : transport du matériel, passage en douane, organisation des opérations sur site et coordination avec les équipes locales.

Ainsi, cette campagne a apporté une meilleure compréhension de la logistique nécessaire pour des projets de plus grande envergure pour préparer directement les prochains lancements.

LéoFly et leur fusée Ignis

Une source d’inspiration pour l’expérimentation en France

Au-delà des aspects techniques, l’expérience sur place a mis en évidence des différences culturelles dans l’approche de l’expérimentation.

Le cadre américain offre davantage de flexibilité dans les essais, avec une place importante accordée à l’expérimentation directe. Cette approche favorise des cycles rapides de test et d’amélioration.

« Sur ces sites, l’expérimentation occupe une place centrale. Cette dynamique influence la manière de concevoir les projets et ouvre des perspectives pour développer des initiatives similaires en France », Matthieu Pecoraro, promo 2025, président de LéoFly

L’appui de l’ESILV dans le développement du projet

Le projet LéoFly bénéficie d’un accompagnement du cursus ingénieur de l’ESILV, à la fois sur le plan matériel et financier.

Les membres de l’équipe accèdent à des ateliers de fabrication, à des équipements techniques et à l’encadrement de responsables spécialisés. Des enseignants-chercheurs interviennent également ponctuellement pour apporter un appui scientifique.

Cet environnement permet de structurer les projets et de développer des compétences en ingénierie appliquée, en lien direct avec les exigences du secteur spatial.

Vers le prototype Astra-AP

La prochaine étape concerne le développement du prototype Astra-AP, dont le lancement est envisagé à l’horizon 2026.

Les travaux portent sur la conception complète du système, l’intégration des technologies validées lors des essais d’Ignis et la recherche de partenaires pour accompagner les futures campagnes.

Ce projet vise une montée en performance significative, avec un objectif de franchissement de la limite spatiale définie à 100 kilomètres d’altitude.

Pour en savoir plus sur les associations étudiantes de l’ESILV 

Categories: Vie étudiante
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