Dirigée par Alessandro Biancalani, la majeure Aérospatial et Défense de l’ESILV prépare les élèves-ingénieurs à concevoir, modéliser et piloter des systèmes aéronautiques et spatiaux. Enseignée en anglais sur le campus de Paris-La Défense, elle associe mécanique orbitale, propulsion, systèmes embarqués, simulation numérique et cybersécurité spatiale.
Lancée il y a deux ans, cette spécialisation du cycle ingénieur de l’ESILV rassemble désormais plus de 100 élèves-ingénieurs. Son programme couvre les différentes étapes du développement d’un système complexe, depuis les premières simulations jusqu’à son intégration et sa validation.
Aérospatial et défense : deux domaines liés par l’ingénierie des systèmes
L’aérospatial regroupe les sciences de l’ingénieur consacrées à la conception et à la fabrication de véhicules capables d’évoluer dans l’atmosphère ou dans l’espace. L’aéronautique traite principalement des aéronefs, tandis que le spatial concerne les satellites, les lanceurs, les sondes et les infrastructures orbitales.
Ces disciplines se sont développées autour de deux finalités historiques : l’exploration et la maîtrise de capacités stratégiques. Elles mobilisent aujourd’hui des compétences communes en mécanique, informatique, électronique, automatique, matériaux, télécommunications et gestion des risques.
Dans l’aviation, les travaux portent notamment sur la réduction de la consommation énergétique et des émissions de carbone. Le secteur spatial connaît parallèlement une nouvelle phase de développement, soutenue par les progrès des lanceurs, des satellites miniaturisés et des réseaux de télécommunications en orbite.
Les constellations satellitaires permettent ainsi de fournir des services de communication, de navigation ou d’observation à l’échelle mondiale. Leur conception soulève aussi des questions liées à la protection des données, à la sécurité des infrastructures et à la gouvernance de l’espace.
Un programme consacré au vol, à la propulsion et aux systèmes complexes
La majeure Aérospatial et Défense organise ses enseignements autour de plusieurs axes : dynamique du vol et mécanique orbitale, propulsion, conception des systèmes, connectivité, automatisation, sécurité et relations entre les technologies spatiales et la société.
Le tronc commun apporte des bases en probabilités avancées, machine learning, analyse statistique des risques, théorie des jeux et modélisation numérique. Les enseignements de spécialisation abordent ensuite la mécanique orbitale, la propulsion des lanceurs et des aéronefs, les télécommunications, la dynamique des fluides appliquée au vol et la mécanique des structures spatiales.
Le cursus traite également des systèmes de contrôle spatial, de l’électronique de vol, de l’informatique embarquée, des vols habités et des technologies immersives. Des cours consacrés à la réglementation, à l’éthique et à la sécurité des opérations complètent cette formation technique.
La gestion du cycle de vie des produits, ou Product Lifecycle Management, permet enfin d’étudier le suivi d’un système depuis sa conception jusqu’à son exploitation. Cette approche répond aux contraintes propres aux programmes aéronautiques et spatiaux, souvent développés sur plusieurs années avec de nombreux acteurs industriels.
Des logiciels utilisés dans l’industrie aéronautique et spatiale
Les élèves-ingénieurs travaillent avec plusieurs environnements numériques employés pour concevoir et simuler des systèmes aérospatiaux. ANSYS Fluent sert à modéliser les écoulements aérodynamiques, tandis qu’Abaqus permet d’étudier le comportement mécanique des structures.
MATLAB et Simulink sont mobilisés pour la modélisation, le contrôle de vol et la commande des systèmes. CATIA et SolidWorks interviennent dans les travaux de conception assistée par ordinateur. Systems Tool Kit, ou STK, permet d’analyser des trajectoires, des missions orbitales et des constellations de satellites.
Les enseignements utilisent aussi des simulateurs de vol, des dispositifs de réalité augmentée et de réalité virtuelle, ainsi que des outils consacrés à la gouvernance spatiale, à la modélisation stratégique et à la sécurité des systèmes.
« La majeure vise à donner aux élèves-ingénieurs les connaissances nécessaires pour comprendre les techniques de vol dans l’atmosphère et dans l’espace, étudier les systèmes de propulsion et développer des logiciels de contrôle de vol et d’orbite », précise Alessandro Biancalani, responsable de la majeure.
Des projets consacrés aux CubeSats, aux fusées et à la haute atmosphère
La pédagogie par projets occupe une place centrale dans le cursus ingénieur de l’ESILV. Les élèves-ingénieurs appliquent les méthodes vues en cours à des sujets liés aux nanosatellites, aux fusées expérimentales, aux ballons stratosphériques ou aux systèmes de navigation.
Un projet de CubeSat 6U porte par exemple sur la conception, la simulation, la fabrication et l’intégration d’un nanosatellite équipé d’une propulsion électrique. D’autres travaux concernent des ballons météorologiques instrumentés destinés à mesurer les champs électriques dans la haute atmosphère.
Les projets de mini-fusées réunissent aérodynamique, propulsion, électronique embarquée et télémétrie. Les systèmes de navigation par vision mobilisent quant à eux le traitement d’image et l’intelligence artificielle afin de guider un véhicule spatial modulaire pendant une opération d’amarrage.
La biologie et la médecine spatiales figurent aussi parmi les sujets étudiés. Les projets évoqués dans la présentation portent notamment sur l’holoportation pour les échanges médicaux en orbite, le terraforming orbital et l’analyse de la physiologie osseuse dans l’espace.
Ces travaux peuvent associer des partenaires académiques tels que l’École polytechnique, ainsi que des associations de De Vinci Higher Education. LéoFly développe des projets aéronautiques et spatiaux, DaVinciBot travaille sur la robotique et Proteus DeVinci réunit des élèves-ingénieurs autour des technologies de défense.
Quels métiers après la majeure Aérospatial et Défense ?
La formation prépare à plusieurs fonctions liées à l’aéronautique, au spatial et à la défense. Les diplômés peuvent exercer comme ingénieurs systèmes spatiaux, ingénieurs propulsion et lanceurs, ingénieurs systèmes embarqués, ingénieurs en gouvernance et sécurité spatiales ou ingénieurs en robotique et systèmes autonomes.
Les compétences en pilotage de systèmes complexes ouvrent également vers des postes de chef de projet, en lien avec la conception, la simulation, l’intégration et la validation. Airbus, Safran, Thales, Dassault Aviation et ArianeGroup font partie des entreprises citées dans l’environnement industriel de la majeure.
Les projets, stages et périodes en entreprise permettent aux élèves-ingénieurs de confronter leurs modèles aux contraintes du secteur : sûreté de fonctionnement, traçabilité, certification, coûts, délais et coopération entre plusieurs métiers.
Pour en savoir plus sur la majeure Aérospatial et Défense et son programme
This post was last modified on 18 septembre 2026 5:33 pm