Proposée sur le campus de Nantes, en formation initiale ou en alternance, la majeure Éco-innovation de l’ESILV forme des ingénieurs à la conception de solutions durables adaptées aux contextes à faibles ressources. Elle associe compétences techniques, économiques et sociales pour développer des produits et des services sobres, réparables et accessibles.
Dans sa présentation de la majeure, Marc Teyssier, directeur adjoint de l’Institut for Future Technologies, détaille les enseignements et la pédagogie proposés, depuis l’analyse d’un besoin jusqu’à la réalisation d’un prototype fonctionnel.
Comprendre l’éco-innovation et ses applications
L’éco-innovation consiste à intégrer les enjeux environnementaux à chaque étape de création d’un produit ou d’un service : choix des matériaux, fabrication, utilisation et fin de vie. L’objectif consiste à réduire les besoins en énergie, en matière et en complexité technique tout en répondant aux usages attendus.
Marc Teyssier résume cette démarche par une question : « Comment concevoir des technologies utiles, désirables mais compatibles avec les limites de la planète ? » Les élèves ingénieurs apprennent ainsi à examiner les ressources disponibles, les conditions d’utilisation et les possibilités de maintenance avant de définir une solution.
Les applications concernent notamment les objets connectés à basse consommation, la production locale d’énergie renouvelable, les matériaux de construction durables ou encore les dispositifs de suivi agricole à faible coût.
Associer design, fabrication et compréhension des enjeux environnementaux
Les enseignements de cette majeure du cycle ingénieur se répartissent en trois blocs complémentaires. Le premier rassemble le design, l’innovation et la recherche. Le design centré utilisateur permet de partir des besoins du terrain, tandis que les méthodes de créativité accompagnent l’exploration des solutions.
Le management de l’innovation et le marketing apportent les outils nécessaires pour définir une proposition de valeur et positionner un projet sur un marché. Les étudiants abordent également le numérique frugal et les méthodes de documentation et d’évaluation de leurs travaux.
Le deuxième bloc porte sur la fabrication : procédés, prototypage rapide, matériaux et biomatériaux. Les élèves étudient les possibilités de production locale, de réemploi et de valorisation des déchets. Les approches low-tech privilégient des technologies simples, réparables et adaptées aux contraintes rencontrées.
Le troisième bloc traite des limites planétaires et de la société. Écologie des ressources, changement climatique, analyse du cycle de vie et éthique de l’ingénieur permettent d’évaluer les conséquences des choix techniques. L’entrepreneuriat social complète cette approche par l’étude de projets répondant à des besoins collectifs.
Développer un projet, du besoin au démonstrateur
Un projet d’éco-innovation mené sur plusieurs semestres permet de mettre ces enseignements en pratique. Les étudiants commencent par analyser les utilisateurs, leurs besoins et les contraintes du contexte : budget, accès aux matériaux, disponibilité de l’énergie ou conditions de fabrication.
Ils explorent ensuite plusieurs pistes, réalisent des prototypes, conduisent des tests et ajustent leur conception. Ce travail mobilise la gestion de projet, la coordination des compétences et l’arbitrage entre performances techniques, coûts et impact environnemental.
L’aboutissement prend la forme d’un prototype fonctionnel ou d’un démonstrateur avancé. Les réalisations constituent un portfolio que les étudiants peuvent présenter à une entreprise, à un laboratoire ou à un investisseur.
Préparer des métiers en écoconception et en innovation frugale
La majeure prépare à des fonctions d’ingénieur en écoconception, en innovation frugale ou en recherche et développement. Les secteurs concernés comprennent l’industrie, le numérique responsable, les biomatériaux et l’économie circulaire.
Les compétences acquises permettent aussi d’accompagner des entreprises, des collectivités ou des ONG dans leurs démarches de développement durable. L’analyse du cycle de vie, la conception de systèmes économes en ressources et l’évaluation des usages font partie des outils mobilisables.
Pour les étudiants intéressés par l’entrepreneuriat social, les enseignements abordent les modèles économiques adaptés aux marchés émergents. Le projet développé pendant la formation peut servir de base à une création d’activité, avec un prototype à tester auprès de futurs utilisateurs.
ESILV Nantes : un cursus d’ingénieur généraliste et numérique en alternance
Sur le campus de Nantes, la majeure Éco-innovation est accessible en formation initiale ou par apprentissage (FISA).
En formation initiale, le cursus associe un stage d’application et un Projet de Fin d’Études (PFE) de six mois en entreprise. Les étudiants pratiquent le prototypage rapide dans les ateliers de fabrication et participent à des projets d’innovation terrain, notamment avec le dispositif QuickStarter. Des opportunités de projets internationaux portent sur l’ingénierie et l’écoconception pour les marchés émergents ou en transition.
En apprentissage, le contrat de trois ans alterne trois semaines à l’école et deux semaines en entreprise, complétées par des périodes à temps plein. Les frais de scolarité sont intégralement pris en charge par l’entreprise d’accueil et les apprentis perçoivent une rémunération mensuelle. Leurs missions peuvent concerner l’écoconception, l’optimisation des flux ou la recherche et développement durable.
Le contrat d’apprentissage organise une progression entre les enseignements scientifiques et les missions confiées en entreprise.
Le rythme de l’alternance est de trois semaines à l’école et deux semaines en entreprise, en contrat d’apprentissage. L’ITII Pays de la Loire intervient en tant que Centre de Formation des Apprentis (CFA) partenaire.
Ce développement de l’apprentissage à Nantes répond aux attentes des entreprises du Grand Ouest, qui recherchent des compétences en ingénierie et en numérique adaptées aux évolutions industrielles.
Les missions en bureau d’études, en méthodes ou en production permettent aux apprentis d’appliquer leurs connaissances à des contraintes concrètes : cahiers des charges, délais, coûts et conditions de fabrication. Cette pratique accompagne leur préparation aux métiers de l’ingénierie mécanique et industrielle.
En savoir plus sur la majeure Éco-innovation de l’ESILV
This post was last modified on 19 octobre 2026 3:04 pm